The art of getting out

L’art du paños, diminutif de pañuelo (« mouchoir » en espagnol), art populaire marginal, est apparu pendant les années quarante dans les prisons du Texas, de Californie et du Nouveau-Mexique. Certains amateurs estiment que leur naissance remonte au système pénitentiaire français mis en place au Mexique après la révolution de 1910. Les détenus, d’origine généralement hispaniques, illettrés pour la plupart, inventent leur propre système de communication avec l’extérieur. Sur de simples mouchoirs réglementaires attribués par l’administration pénitentiaire, ils dessinent à la plume avec de l’encre récupérée, de la cire ou du café. Par la suite, dans les états du sud-ouest des États-Unis, cette pratique devient une sorte d’art traditionnel carcéral et se répand dans le reste du pays.

Les inspirations de la culture chicana est très présente dans les paños : les évocations catholiques ou de la vida loca sont associées aux symboles de la prison et de l’amour dans tous ses états. Ces différentes iconographies se retrouvent également dans les tatouages chicanos et les peintures murales. Les paños envoyés aux enfants convoquent le répertoire d’images apprécié des petits : Mickeys, peluches, oursons.

Malgré la précarité des moyens de réalisation, tels des objets transitionnels, ils rassurent et créent du lien au-delà des barreaux, une façon confidentielle de s’adresser à la famille, ou aux membres du gang... Ces paños apparaissent telles des pages arrachées de journaux intimes cathartiques avouant sentiments, émotions, pensées et rêves dissimulés, témoins de leur vie en captivité à travers une grande force esthétique. Une richesse d’expression visuelle se dégage de ces mouchoirs, une manière de transcender l’enfermement et l’isolement, le passage interminable du temps et l’ennui, la solitude de la sur-vie en prison où l’identité est matée. Des dessins sur toiles miniatures, plus forts que les mots pour recouvrer humanité et dignité.

Isabelle Durand, Mars 2013


Whether intensely spiritual or brazenly secular, paño art draws on the deepest emotions of prisoners whose artistic expression is limited only by the materials at hand. The word paño (Spanish for cloth or handkerchief) has come to mean the art form itself -- a ball point pen or colored pencil drawing on a handkerchief.


Scholars have yet to determine the origin of paño art, but some believe that it emerged in the 1940s among Chicano prisoners in the southwestern United States who drew on the handkerchiefs or torn bed sheets. Today paño art is associated with Chicano inmates around the country, both male and female, who neatly fold paños into envelopes and mail them to loved ones.


Paño artists take much of their imagery and inspiration from the larger visual arts vocabulary of Chicano art conspicuous in murals, posters, low rider cars, graffiti, and tattoos. The art form evolves as prisoners talk paño techniques, share their information on materials and style, and trade patterns drawn or traced from magazines, newspapers and catalogs.


The Crazy Life / La Vida Loca:
Many paños depict "La Vida Loca," or " The Crazy Life," showing scenes of gang life, drug use and violence, as well as the harsh realities of life on the streets, poverty and prison. Symbolized by the masks of comedy and tragedy, the theme "Laugh Now, Cry Later" depicts the consequences of "La Vida Loca." Imagery reflecting prison life such as clocks, prison bars, hourglasses and watchtowers appears throughout these paños. Prisoners sometimes turn to religion as an alternative to "La Vida Loca," and some Paños contrast the two lifestyles side by side.


Faith / La Fe:
Paños often reflect the predominately Catholic faith of the artists. Traditional religious subjects include Our Lady of Guadalupe (the patron saint of Mexico) and Christ of the Crucifixion, affectionately known as "El Chuy." Crosses, rosaries, praying hands and pictures of saints are other common religious images. These paños express respect for, or belief in, the protective and redemptive power of these spiritual figures and of religion in general.


Memory / La Memoria:
Isolated from their families and communities for long periods of time, inmates craft paños as gifts to mail from prison. Sentimental images or portraits of those close to the artists help maintain bonds of family, love or friendship. Paño artists also recall their life in the barrio (neighborhood), showing landmarks or people they knew well on the outside. Paños can function much the way valentines do, using words, symbols and pictures to communicate love. Paños made for wives or girlfriends often express romantic love. Paños for children might include cartoon characters and popular culture figures. Mothers, aunts and grandmothers often received paños with images of Catholic saints, the Virgin of Guadalupe and Christ.


On the Outside:
Until recently, paño art has had a low profile outside of prison. Outside, paños lost the value they once had within the prison system, becoming souvenirs of prison life meaningful only to the ex-inmate and his or her associates, not to society at large.


Dossier de presse :

-The paños blog / Le blog sur les mouchoirs
-The english press kit is available here.
-Le dossier de presse en français est disponible ici.
-Le catalogue est disponible sur le site du Dernier Cri
-Une interview est disponible ici
-Une autre interview parue dans les inrocks est disponible ici
-un article paru dans Vice ici
-Une interview de Victor Alejandro Sorell parue dans Clark Magazine en pdf est disponible ici

L'exposition de ma collection de paños à été présentée à La milonga del'angel à Nîmes en octobre 2011, à la Going Blind Galerie à Grenoble en février 2012, au Monte en l'air à Paris en mars 2012, à la galerie du Cri de l'encre à Lyon en octobre 2012, à MOHS / Copenhague En janvier 2013, au Lycaon à Bruxelles en février 2013, au MRAC de Sérignan en avril 2013 dans l'atelier du Dernier Cri à Marseille en mai 2013, puis à la galerie Chantier BoiteNoire à Montpellier et à la galerie from Point to point à Nimes en Septembre 2013, au Quai Branly à Paris en mai 2014, à la Galerie le Salon à Paris en mai 2014, à Galerie Central à Liège en novembre 2014, à Libertine Gallery à Amsterdam en janvier 2015, à Recyclart à Bruxelles en mai 2015, à U10, Belgrade Serbie en novembre 2015, au Royal Museum de Toronto U.S en mai 2016, au FITE, Musée Bargoin à Clermont Ferrand en juin 2016, au Field Museum de Chicago U.S en octobre 2016, et La Jetée, Montpellier en mars 2017.